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— Qu’est-ce qui se passe ?

— J’en ai marre !

— Marre de quoi ?

— De tout. Je passe mon temps à courir, à faire des listes, à chercher mes clés, à payer des factures, à travailler comme un dingue, à faire des courses, à réparer des choses, à chercher mes outils, à racheter ce que j’ai déjà. L’été est fini et je réalise que je n’ai pas fait de vélo une seule fois, on n’a pas été à la mer, on n’a pas fait de moto, on n’a même pas été foutu de s’étendre une seule fois au soleil pour se faire bronzer. Il me reste encore un paquet de choses à faire avant l’hiver et la chasse va commencer. Ça me tente comme une trépanation mais mon fils attend ça depuis des mois. J’ai AUCUN appétit pour me lever à l’aube et aller me faire geler le cul dans le bois…. J’en peux plus !

Changeons les personnages et les activités, voilà une scène bien connue non ?

Quand une situation nous exaspère (situation dans laquelle, reconnaissons-le, nous nous sommes mis nous même sans que personne ne nous y force), trois possibilités s’offrent à nous.

La première est de faire en sorte d’améliorer la situation afin de la rendre acceptable, et même, si possible, agréable.

La deuxième est de changer la situation. Partir, quitter, vendre, bref faire en sorte que la situation change.

La troisième est de l’accepter. Point. Accepter la situation, faire avec, en tirer ce qu’on peut.

Malheureusement, l’être humain est ainsi fait qu’il en invente une quatrième. Ne choisir aucune de ces trois options, laisser la situation exactement comme elle est (et/ou s’empirer) et râler.

N’avons-nous pas des amis, des collègues qui, jour après jour se plaignent d’exactement la même chose, racontent toujours la même histoire à propos de leur patron, leurs clients, leur conjoint, leur adolescent. Ça dure parfois des années.

Il m’est arrivé de rencontrer une copine que je n’avais pas vue depuis un an et d’avoir l’impression qu’elle me racontait mot pour mot ce qu’elle m’avait dit l’année d’avant.

À mon troisième voyage en France dans la famille de mon ex, j’ai eu la surprise de réentendre les mêmes conversations que les deux fois précédentes. Et quand je dis, les mêmes, c’est à la virgule près. C’est quand même pas banal.

Comme si les problèmes étaient nos seules matières à discussion. Pour peu, on croirait que le fait de vivre un problème pour lequel il n’existe AUCUNE solution serait la manière la plus efficace pour se rendre intéressant.

Pourtant, on en a tous. De plus, c’est une ressource renouvelable. Étrangement, on dirait que les gens les exposent en ayant l’air de dire. Hé… Tu sais pas ce qui m’arrive hein ? Ben figure toi que je rencontre des difficultés. Quoi ? TOI ? OMG, OMG, mais t’es DONC BEN PAS CHANCEUX ! Ark !

Allô… c’est juste NORMAL Huston ! Des problèmes, on en a tous, nous en auront toute notre vie, des petits, des grands. il faut prendre conscience que c’est la toute simple réalité et accepter ce fait.

J’aime beaucoup cette citation de Swami Prajnanpad « Le mental vit dans un cercle vicieux. Il créé lui-même les problèmes et essaie ensuite de les résoudre. »

Au fond est-ce vraiment des problèmes ? C’est nous, qui les qualifions ainsi. Il existe plusieurs définitions du mot :

Difficulté mettant dans une situation pénible, contraignante, contrariante.

Conflit intérieur, trouble d’ordre affectif qui empêche un équilibre psychologique.

Mais aussi :

Exercice proposant de résoudre une équation, à partir d’une position donnée.

Question à résoudre dans un domaine quelconque.

Je préfère ces deux dernières. Pourquoi ne pas les qualifier de défis ? Les défis font partie de la vie, ils sont faits pour être relevés. Ils nous apprennent des choses essentielles et nous rendent plus créatifs. Avouons qu’à choisir, on préfère toujours les bonnes nouvelles. Quand un problème survient, ça nous embête et on a le droit de râler un minimum, de discuter pour (peut-être) avoir l’avis des autres, profiter de leur oreille bienveillante, d’encouragement, avoir l’avis ou profiter de l’expérience de nos amis. Mais bon… au bout d’un moment, il faut passer à l’action et essayer des choses. Si possible, pas toujours les mêmes (en pensant que le résultat sera différent).

Le pire scénario est certainement de se considérer comme une victime et de se rouler dans le malheur en criant mais pourquoi moi ?

Formats ePub et Kindle – 1,99 € sans DRM

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Faire léger (extrait) Copyright © 2013 by Sylvie Coulombe, Numeriklivres. All Rights Reserved.

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